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La Santísima muerte

 

Pour paraphraser André Breton, le Mexique peut réellement être qualifié de surréaliste, tant le rapport des mexicains à la religion et aux esprits de l'au-delà est parfois surprenant.

On pourrait dans son ensemble expliquer ce phénomène par le curieux mélange des traditions et croyances religieuses qui existaient avant la conquête espagnole, avec les rites catholiques imposés par les Espagnols.

Les peuples précolombiens croyaient fermement en l'au-delà et l'on retrouve un peu partout des représentations de squelettes, de la mort et de l'inframonde. Jouxtant la plupart des jeux de pelote aztèques, toltèques et de quelques autres tribus de Méso-Amérique, on trouve des tzompantli (alignement de crânes ou murs des crânes en nahuatl) sur lesquels étaient entreposées les têtes de certaines victimes sacrifiées.

 

Origines

La plupart des observateurs pensent que la fête des morts a d'une certaine manière permis la continuation des célébrations à la mort et du développement du culte actuel rendu à la Santa Muerte.

Cependant, certains experts, comme l'anthropologue Katia Perdigón soutiennent que ce phénomène n'est aucunement lié aux cultes préhispaniques, mais qu'il serait apparu dans les années 50.

D'autres pensent qu'il est la survivance d'anciens rites catholiques tombés dans l'oubli, au même titre que les rituels liés à la fête des morts, et avancent que l'image de la Santa Muerte, non seulement ne comporte aucun symbolisme précolombien mais rappelle étrangement la Grèce Antique.

D'autres encore pensent que cette vénération découle du culte rendu à la Vierge de la Fraternité du Saint Enterrement, qui vit le jour à Séville en 1546. Toutefois, cette dernière théorie est assez douteuse étant donné qu'aucune image de squelette n'apparaît lors des célébrations actuelles. De plus, il est très difficile de savoir comment se déroulaient les célébrations antérieures, étant donné qu'en 1936, les troupes de Franco ont brûlé l'ensemble des images pieuses et des livres relatant ses origines.

Pour Elsa Malvido, chercheur à INAH (institut national d'anthropologie et d'histoire), c'est pendant la révolution mexicaine, sous le gouvernement de Lazaro Cardenas, que sont ressorties les soi-disant origines préhispaniques de la fête des morts et du culte à la Santa Muerte, par le jeu croisé d'influences communistes et anticléricales, cherchant à mettre en avant l'identité préhispanique du peuple mexicain.

La Santa Muerte est représentée par un squelette, couvert d'une tunique de couleur recouvrant également sa tête, tenant d'une main une faux et de l'autre le monde.

Alors qu'à l'origine, on pensait que la vénération à la Santa Muerte était réservée aux narcotrafiquants et autres criminels, issus des quartiers défavorisés, il apparaît aujourd'hui, que bien que cette frange de la population représente une part importante des dévots, on rencontre tout aussi bien des hommes politiques ou des handicapés, que des mères de familles.

Ceux qui prient la Santa Muerte le font faute d'avoir obtenu des résultats satisfaisants auprès de Dieu, du Christ, de la Vierge de la Guadalupe ou d'autres saints. On prie la Santa Muerte pour les cas désespérés (malades, prisonniers, victimes de l'injustice…) et pour tout ce dont on a besoin (emploi, protection du foyer, santé, rivalités…). On peut l'invoquer pour tout type de demandes, tant pour demander le bien que le mal.

Il serait faux de penser que la vénération de la Santa Muerte se limite à la capitale. En réalité, cette dévotion est pratiquée dans tout le pays. On estime même à environ 2 millions le nombre de ses fidèles.

A Catemaco, dans l'Etat de Veracruz, une grande partie des sorciers de Nanciyaga invoque la Santa Muerte pour guérir ou aider tous ceux qui viennent les consulter. La légende veut qu'elle soit apparue à l'un des chamans d'Orizaba (Etat de Veracruz) au 19e s, et qu'elle lui ait ordonné de propager son culte.

Apparemment, la mission fut accomplie avec succès puisque le culte à la niña blanca s'est étendu en dehors des frontières du pays. Il existe en effet 15 paroisses lui rendant hommage à Los Angeles.

Cependant, il semble que l'on puisse distinguer 2 types de cultes.

 

Les rites individuels

A Mexico, Enriqueta Romero fut la première à dédier publiquement une chapelle au culte de la Santa Muerte, en face de chez elle, au 12 de la rue de Alfarería, dans la Colonia Morelos, l'un des quartiers les plus populaires, mais aussi les plus dangereux. Aujourd'hui, les sanctuaires où l'on dépose des offrandes se sont multipliés dans la ville et se situent tout aussi bien à La Condesa qu'à Coyoacán, même si les endroits dédiés à la Santísima Muerte se trouvent principalement à Tepito et dans la Colonia Morelos, ainsi qu'au Marché de Sonora (ou le culte est en quelque sorte né). A Tepito, accourent les délinquants, les drogués, les prostituées, les narcotrafiquants et tous ceux qui ne croient plus ni en la justice, ni en la politique, ni aux institutions. On peut même observer des enfants effectuant des offrandes de jouets ou de sucreries.

Enriqueta Romero habille et change les vêtements de la Santa Muerte en principe le premier lundi de chaque mois en fonction des saisons et des demandes des fidèles. La signification des couleurs est en fait très occidentale : le rouge pour la passion, le vert pour l'espérance et le blanc et le bleu, couleurs de la Vierge Marie, symbolisent la pureté. Le jour de la fête des morts, la Santa Muerte est vêtue entièrement de blanc, telle une mariée. C'est le jour de dévotion le plus important de l'année.

 

La fondation de l'église catholique traditionnelle

Si certains dévots, comme leur chef de file et fondateur de l'église catholique traditionnelle, l'archevêque David Romo, rejettent la pratique des changements de vêtements et leur signification ésotérique, tous réfutent en bloc les accusations de satanisme de la part de leurs détracteurs.

Par ailleurs, de très nombreux catholiques mexicains considèrent la Santa Muerte comme un saint catholique supplémentaire (dont les nombreux surnoms sont Notre Dame des ombres, Notre Dame Noire, Notre Dame Blanche, Petite Sainte…), fait que rejette catégoriquement l'église catholique romaine, tout en disant le comprendre, en considérant cette pratique plutôt comme une superstition liée en grande partie à la situation économico-politique du pays.

Mais David Romo affirme que certains anciens prêtres catholiques se sont reconvertis au Culte de la Santa Muerte, qu'il considère comme plus ouvert que celui de l'église catholique. En effet, ici le mariage des prêtres est autorisé car il considère qu'il vaut mieux « être bien marié qu'être homosexuel ou pédophile ». L'utilisation du préservatif est aussi conseillée, « pour éviter qu'il n'y ait plus d'enfants malheureux qui traînent dans les rues ». David Romo affirme enfin « regarder face à lui et non le ciel, car le ciel est tellement haut qu'il semble inaccessible ».

Récemment, les autorités mexicaines, suite à des déclarations plus que sulfureuses de David Romo, ont levé l'autorisation d'exercer librement le culte à la Santa Muerte. Le chef de file de l'église catholique traditionnelle n'a pas manqué de crier au scandale et à la conspiration organisée conjointement par église catholique mexicaine, le gouvernement et les plus hautes instances du Vatican. David Romo affirme qu'il va saisir le tribunal international de La Haye et Amnesty International pour faire respecter ses droits et ceux de ses fidèles.

Quel sera l'avenir du culte à la Santa Muerte et de son église ?

 

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