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La fête des morts



Une tradition suivie dans l'ensemble du pays

Au Mexique, tout comme en France, les 1er et 2 novembre, on fête la Toussaint et la fête des morts. Cependant, la manière de les célébrer est tout à fait différente.

A l'époque précolombienne, on honorait déjà les morts mais à une date toute différente, et selon les rites précolombiens. A l'arrivée des Espagnols, dans leur volonté de christianiser et convertir l'ensemble de la population, ceux-ci ont eu l'idée de confondre ces 2 fêtes, et de fixer les dates de célébration selon le calendrier chrétien au 1er et 2 novembre.

Chez les Aztèques, les rites d'hommage aux morts étaient liés au calendrier agricole. Au début des récoltes, le premier grand banquet après les longs mois de la saison sèche était organisé et devait être partagé entre tous, y compris avec les morts. Lorsque quelqu'un mourait, il était enterré avec ses effets personnels, des vêtements et de la nourriture et tout ce qui pouvait lui être utile pour l'aider et le soutenir sur son chemin.

A l'heure actuelle, les célébrations de la fête des morts commencent souvent dès le 30 octobre, mais en réalité, cela dépend des régions. Généralement, le 1er novembre, jour de la Toussaint, est consacré aux enfants défunts ainsi qu'à tous les saints qui ont eu une vie exemplaire, et le 2, aux autres défunts.

Des autels sont élevés un peu partout dans le pays, non seulement dans les cimetières, mais aussi dans les édifices publics, le métro et les écoles. Leurs auteurs rivalisent bien souvent de créativité et de talent. Ces rituels sont censés aider les morts à suivre le bon chemin durant leur mort.

Les plus belles fêtes se déroulent dans les alentours de la ville de Patzcuaro. Dans certains villages, les familles ayant perdu un être cher au cours de l'année ouvrent leurs portes aux visiteurs le 2, pour partager avec eux, l'offrande faite à leurs proches. On dispose les objets préférés du mort (ses jouets si c'est un enfant), on lui prépare ses mets et boissons favorites, que l'on partage avec lui. On orne le tout d'œillets d'Inde (Tagetes patula - communément appelés du vocable nahuatl zempoaxochitl), effeuillés ou disposés en guirlandes, mais aussi de papiers de multiples couleurs, découpés selon des motifs rappelant la mort comme des squelettes ou des crânes. Il ne faut pas non plus oublier de faire brûler un peu d'encens (copal), qui aide à attirer l'esprit des morts.

Certains autels respectent strictement les rituels préhispaniques et se composent de 7 étages, représentant les 7 étapes que doit traverser l'âme du défunt avant de pouvoir trouver le repos. En d'autres lieux, comme du côté d'Oaxaca, la population réalise de véritables tapis de fleurs.

Enfin, toute la famille se rend au cimetière, pour nettoyer et décorer les tombes, puis partager le festin, entre tous les vivants. Ainsi, se mélangent la douleur de la perte des êtres chers avec la gaieté des offrandes, des couleurs et du festin.

Les jours précédant la fête, on peut voir un peu partout des crânes en sucre ou en chocolat, mais aussi des pains des morts, sorte de brioche, fourrée de quelques fruits confits et saupoudrée de sucre, dont les dessins sur le sommet rappellent les ossements.

Cependant, il faut savoir que les célébrations actuelles, bien que savant mélange des traditions catholiques et préhispaniques, ont surtout vu le jour autour des années 20. L'artiste José Guadalupe Posada a quant à lui permis la popularisation des calaveras, petits poèmes satiriques sur la mort ridiculisant les vivants et plus particulièrement les gens célèbres et les politiques.

Aujourd'hui, force est de constater, que devant l'offensive commerciale américaine, Halloween est aussi très implantée dans tout le pays et l'on voit des petits enfants déguisés en sorcières, en vampires, en monstres ou en citrouilles pour les plus petits, défiler dans toute la ville, un petit panier-citrouille à la main (ou à défaut un sac en plastique) à la recherche de quelques sucreries (dulces), ou à défaut d'un ou 2 pesos.



La fête des morts de Mixquic (article rédigé par Olivier)

Mixquic est un village situé dans le District Fédéral, l'entité administrative dont fait partie Mexico, mais il est séparé de la grande métropole. Il s'agit d'un lieu qui existait avant l'arrivée des Aztèques dans la région et qui fut longtemps une cité indépendante avant d'être annexé à l'empire de Chalco puis à l'empire aztèque. Les témoignages des conquistadors espagnols lors de leurs passages en 1519 et en 1521 nous laissent l'image d'une cité lacustre qui fut comparée à une petite Venise. Mais il ne reste rien de cet héritage sinon les pièces exposées dans le petit musée archéologique local.

La fête des morts qui s'y déroule est l'une des plus célèbres du Mexique et voit affluer des milliers de visiteurs ; en grande majorité des Mexicains. La préparation de la fête débute le 27 octobre avec le nettoyage des maisons du village. Le 31 octobre, dans l'attente de l'arrivée des Angelitos (petits anges, âmes des enfants décédés), les portes des maisons sont ornées d'une lanterne. Des pétales de fleurs blanches, symboles de la pureté, sont placés pour former un chemin jusqu'à l'autel à l'intérieur de la maison. Les maisons sont également imprégnées d'encens et de copal (résine servant également d'encens) pour les recevoir. Le matin du premier novembre les Angelitos profitent du petit déjeuner avec la nourriture posée sur l'autel, à midi la cloche de l'église sonne pour signifier leur retour au monde des morts. Peu après la cloche sonne à nouveau pour indiquer que ce sont désormais les défunts adultes qui viennent. A minuit les familles prient le rosaire pour les défunts, Les pétales de fleurs blanches sont remplacées par des pétales jaunes et la nourriture des autels est remplacée par celle que préféraient les défunts qui vont arriver, avec également des bougies et des photos des défunts. Le 2 novembre à midi les cloches sonnent à nouveau indiquant le départ des défunts qui sont satisfaits de l'accueil qui leur a été réservé. Le soir du 2 novembre les familles se rendent au cimetière pour décorer les tombes de fleurs et de cierges destinés à illuminer le chemin des morts lors de leur chemin à travers les ténèbres. Le cimetière est alors envahi de prières et de lumières vacillantes qui avec l'odeur du copal contribuent à créer une atmosphère de réflexion et de communion spirituelle avec les défunts. Pour finir le 3 novembre les familles s'échangent entre elles les offrandes des morts pour les mangers, les défunts n'en ayant consommé l'essence.

Mixquic est devenu une référence touristique pour ce qui touche la fête des morts, ce qui à mon sens a permis à la fois de protéger ses traditions qui sont directement issues de l'époque précolombienne et en sont plus emprunte que en bien d'autres endroits du pays mais cela à aussi pour effet de désacraliser le cimetière avec des centaines de touristes déambulant dans le cimetière. Ce tourisme a également permit l'émergence de nouvelles traditions comme par exemple un concours d'autels dans le bâtiment abritant le musée archéologique local et aussi dans le palais municipal. Le 2 novembre se déroule un festival de calaveras (squelettes de cartons pâte), et aussi de poème. Des concerts ont également lieux entre le palais municipal et l'église. A noter que les villages environnant Mixquic offrent des fêtes sans doute fort similaires et non dénaturées par la présence touristique. La nuit du 1er novembre les rues desdits villages sont illuminées de feux allumés avec du copal ou du caoutchouc à même les trottoirs, une tradition attestée à l'époque précolombienne à cette occasion.


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