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Le couloir de la mort

 

Le couloir de la mort, c'est le triste nom donné à la frontière nord du Mexique, le séparant des Etats-Unis, principalement la portion située entre les Etats d'Arizona (USA) et de Sonora (Mexique), dont la plus grande partie est composée de déserts.

Toutefois, on peut également appliquer ce qualificatif à la partie de la frontière américano-mexicaine composée par le Rio Bravo (aussi appelé Rio Grande côté américain), qui fait de très nombreuses victimes.

Ce sont chaque année plusieurs dizaines de milliers de Mexicains qui tentent de traverser la frontière, soit par le désert, soit par le fleuve. Il est dit que pour 2 mexicains tentant leur chance, l'un d'eux se fera arrêter et rapatrier au Mexique, quelquefois dans des conditions très inhumaines, mais cela ne décourage pas pour autant les candidats à l'expatriation.

Ceux que l'on appelle plus communément les « mojados » (ou « wetback » du côté USA), sont en effet confrontés à de très nombreux dangers tout au long de leur périple.

  • Ceux qui choisissent l'option de la traversée par le désert seront confrontés aux problèmes de déshydratation, d'insolation et de brûlures jusqu'au 3e degré, aux risques d'attaques d'animaux sauvages, aux scorpions et autres serpents.
     
  • Ceux qui préfèrent affronter le fleuve, devront défier le courant, les pièges du fleuve, et la plupart du temps, leur propre inexpérience en matière de natation, ainsi que les gardes-frontières qui observent le fleuve jour et nuit et n'hésitent pas tirer parfois sur tout ce qui leur semble suspect.
     
  • Enfin, tous devront bien souvent rester sur leurs gardes face aux « coyotes » et autres « polleros » (littéralement volailler), noms généralement donnés aux passeurs qui profitent du désespoir de leurs concitoyens pour leur soutirer plusieurs milliers de dollars à chaque tentative de passage. Certaines petites villes mexicaines frontalières vivent ainsi presque exclusivement (hôtels, restaurants, passeurs…) du « trafic humain ». A la frontière entre les Etats de Sonora et d'Arizona, on compte ainsi plus de 400 bandes organisées vivant de cette activité très lucrative.

Une fois la frontière passée, il faudra aussi se méfier, non seulement des gardes-frontières et de tout autre agent d'Etat américain (dont il n'est pas superflu de souligner que tous sont loin d'être incorruptibles), mais également des patrouilles de citoyens, que le projet « minute man » vise à légaliser, sur impulsion du gouvernement républicain, pour « venir en aide » à l'armée et à la police. Ces patrouilles donnent lieu à une forte polémique, tant au Mexique que du côté des associations de défense des droits de l'homme. Il semble en effet qu'on puisse leur attribuer de nombreux « dérapages ». Ainsi, lorsque début mai 2005, Arnold Schwarzenegger, actuel Gouverneur de Californie, a félicité les patrouilles pour leur « excellent travail », cette déclaration sulfureuse n'a pas manqué de soulever de nombreuses réactions.

S'il est très triste de voir des milliers de mexicains risquer leur vie chaque jour pour tenter d'atteindre un « rêve américain » bien incertain ; il est encore plus difficile de constater que chaque année, plus de 10.000 adolescents tentent la même expérience et prennent les même risques que leurs aînés, poussés par la nécessité économique et le désir de rejoindre un membre de leur famille de l'autre côté de la frontière (père, mère, frère, sœur, cousin …). Les Etats ayant les plus forts taux d'adolescents clandestins sont ceux du Chiapas, Guanajuato, Michoacán, Tamaulipas et bien entendu la Basse-Californie.

Logiquement, les adolescents qui traversent ainsi seuls illégalement la frontière sont encore plus exposés que les autres à l'exploitation tant au niveau du travail que sexuelle, la pornographie, les divers types de dépendances et autres risques pour leur santé. Mais la plupart des adolescents vivant près de la frontière ne voient malheureusement pas l'émigration comme un problème social, mais plutôt comme un style de vie.

Pour venir en aide à ces populations fragiles de part et d'autre de la frontière, en septembre 2000, un accord a été signé entre le Mexique et les Etats-Unis pour créer la Comisión de Salud Fronteriza (Commission de Santé Frontalière), Cette commission, par l'intermédiaire de ses centres, vient en aide aux migrants qui se retrouvent dans des situations mettant en danger leur vie (maladie, drogue, alcoolisme, sida, hépatite…), en leur fournissant vaccins, médicaments, préservatifs, seringues stériles, eau… mais aussi, écoute et propositions de stages de désintoxication, par exemple.

 

Le Guide du migrant

Toujours dans le but de réduire le nombre des tragédies provoquées annuellement par cette grande migration, le gouvernement mexicain a décidé de distribuer gratuitement un guide à destination des éventuels candidats, dans les Etats ayant le plus fort taux de migrants comme Zacatecas, Michoacán, Puebla, Oaxaca et Jalisco. Dans ces Etats, le petit guide de 38 pages est inséré dans des revues de bandes-dessinées, vendues en kiosques. Le guide est aussi disponible dans les consulats mexicains des Etats-Unis et sur internet.

Ce guide prévient des risques que peuvent rencontrer les migrants en tentant de traverser illégalement la frontière et leur rappelle leurs droits et devoirs une fois sur le territoire américain. Il fournit aussi la liste des consulats mexicains aux Etats-Unis ainsi que les coordonnées des gouvernements de tous les Etats mexicains.

Bien entendu, cette publication n'a pas manqué de soulever une levée de boucliers chez le grand voisin du nord, et notamment dans les milieux les plus conservateurs comme le parti républicain, qui a accusé le gouvernement mexicain d'encourager la venue de sans-papiers sur le territoire américain et de donner des conseils pour passer la frontière sans se faire attraper et ainsi inciter à violer consciemment la loi.

Mais les opposants à cette publication ne sont pas exclusivement concentrés au nord de la frontière. Certains membres de l'opposition mexicaine ont déclaré que « le choix du moyen de distribution du guide montrait le dédain que le gouvernement avait pour les migrants en les limitant aux classes sociales les plus basses, alors que ce sont eux qui garantissent la stabilité sociale et économique du pays ».

En tout, il faut malheureusement toujours des détracteurs.

Cependant, ce guide risque de n'être que d'une utilité très réduite. En effet, le gouvernement républicain des Etats-Unis est en train d'essayer d'impulser un projet de loi pour essayer :

•  de réduire les droits des sans-papiers aux Etats-Unis. En effet, jusqu'à présent, il n'était pas nécessaire de présenter les documents justifiant d'une résidence régulière aux Etats-Unis, pour obtenir le permis de conduire américain, cela risque désormais de devenir la condition sine qua none, ce qui inquiète fortement le gouvernement Mexicain qui aimerait arriver à un accord pour instaurer un système légal de migration et de régularisation des travailleurs mexicains installés sur le sol américain depuis plusieurs années.

•  d‘amplifier la construction du mur situé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis pour empêcher le passage de milliers de mexicains quotidiennement. Le gouvernement mexicain a là aussi très fortement réagi. En effet, ce projet digne du mur de Berlin ou du mur israélo-palestinien, va à l'encontre des traités signés entre les 2 pays pour libéraliser leurs échanges. Le gouvernement américain, met en avant que toutes ces mesures ont pour unique but de lutter contre le terrorisme.

Le gouvernement mexicain rappelle que son devoir est de protéger ses nationaux et que ce guide sert donc à protéger ses citoyens, car il ne faut pas oublier qu'il y a actuellement 10 millions de Mexicains aux Etats-Unis dont 5 millions sont illégaux.

En fait, tout ce débat est basé sur une vision très hypocrite des choses, car l'économie américaine ne pourrait malheureusement pas tourner sans les millions de clandestins vivant et travaillant (en acceptant les emplois que les Américains ne veulent plus occuper) sur leur territoire. Le film a day without a Mexican, du réalisateur Sergio Arau, sorti en 2004, l'illustre avec humour.


Les Remesas

Parallèlement, une partie de l'argent que gagnent les migrants, est envoyé sous forme de virement à leur famille restée au Mexique ; c'est ce que l'on nomme plus couramment les remesas. Celles-ci s'élèvent à environ 9% du salaire des migrants qui envoient en moyenne 300 dollars par envoi. En 2004, 51 millions d'envois de remesas ont été enregistrés, pour un total de 16,6 milliards de dollars. Alors qu'autrefois les principaux bénéficiaires des remesas étaient les Etats les plus pauvres et les plus ruraux, la ville de Mexico, arrive désormais en 4e position dans le classement des « Etats » (même si elle n'en a pas juridiquement le statut) bénéficiaires.

Un migrant sur 2 envoie des remesas à un ou plusieurs membres de sa famille, et un mexicain sur 5 bénéficie de cette générosité venue du nord, comme témoignage des liens affectifs et de la solidarité unissant la plupart des familles mexicaines. Il est indéniable que sans cette bouée de secours financière, le Mexique aurait sans aucun doute sombré dans une crise économique, financière et sociale très importante.

Face à une telle "poule aux œufs d'or", 20% de la population adulte du Mexique, soit environ 13,5 millions de personnes envisagent de suivre l'exemple de leurs concitoyens : tenter la dangereuse aventure vers le nord, alimentant le cercle vicieux. Ce pourcentage est encore plus élevé dans les foyers bénéficiant déjà de l'appui financier desdites remesas.

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