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Que faire avec un cactus ?

 

Une partie importante du territoire mexicain est composé de terres arides. Cependant, les civilisations précolombiennes et les Mexicains d'aujourd'hui ont su s'adapter avec succès à ces conditions climatiques hostiles, en apprenant notamment à tirer partie des cactus et autres plantes succulentes.

Certaines plantes se distinguent particulièrement, comme le nopal ou figuier de Barbarie, l'agave, plus communément appelé «maguey» au Mexique, ou le peyote ou peyotl.

 

Le nopal (ou figuier de Barbarie ou oponce)

Le mot nopal, utilisé au Mexique pour désigner le figuier de Barbarie, dérive du nahuatl nohpalitl ou nopalli. Le fruit, la figue de Barbarie, est appelé tuna (mot d'origine taïno). Il existe plus de 300 espèces de figuiers de Barbarie, toutes originaires du continent américain. Le Mexique en compte quant à lui 107, dont environ 66% sont endémiques. C'est donc le pays avec la plus grande diversité de nopals au Monde.

Originairement, le nom nahuatl du nopal est tenuchtli, qui signifie tuna de pierre (de sacrifice). Si ce nom vous semble familier, c'est que vous aurez sans aucun doute fait le rapprochement avec l'antique Tenochtitlan (lieu où pousse la figue de barbarie sur la pierre (de sacrifice)). Chez les Aztèques, la tuna symbolisait le cœur humain, à cause de la couleur rouge qu'on lui connaît le plus communément et de sa forme caractéristique. Ce n'est donc pas un hasard si les Aztèques, peuple éminemment guerrier et sacrificiel, ont nommé la ville qu'ils ont fondée, en référence au sacrifice humain qu'ils rendaient à leurs dieux, et notamment au plus sanguinaire de tous, Huitzilopochtli, le dieu de guerre.

Le nopal rappelait également aux Aztèques, la plante miraculeuse qui leur avait permis de survivre durant leur longue période de nomadisme, dans les terres arides et désertiques du nord, avant leur sédentarisation. Aujourd'hui, il est devenu un symbole national, puisqu'il fait partie de l'écusson situé au centre du drapeau mexicain, remémorant l'une des légendes aztèques de la fondation de Mexico.

Le nopal est utilisé par les peuples méso-américains, depuis plus de 7000 ans, comme l'attestent les graines de nopal, peaux de figues de barbarie ou fibres de feuilles de nopal trouvées lors de fouilles dans la localité de Tehuacan, dans l'Etat de Puebla.

Lorsque les Espagnols arrivèrent, ils voulurent limiter la consommation de nopal des Indiens, car ils pensaient, à cause de sa forme étrange, que ce cactus était un instrument du diable, et n'imaginaient pas qu'il pouvait avoir des qualités nutritives. Comment une plante avec autant d'épines pouvait-elle être comestible ?

Aujourd'hui, le nopal est cultivé comme fourrage mélangé pour les ruminants (150.000 ha), comme légume (10.500 ha) ou fruit (60.000 ha) pour la consommation humaine, ou pour la production de colorant au travers de l'élevage de cochenilles (100 ha). Il est également déshydraté, réduit en poudre et exporté, principalement à destination des Etats-Unis. Le nopal exporté doit, soit être transformé (en saumure, vinaigre, poudre…), soit conserver ses épines, car si l'on retire les épines des feuilles de nopal, celles-ci s'oxydent très rapidement. Pour cette raison, lorsqu'on achète des feuilles de nopal, il est conseillé de les consommer rapidement, pour ne pas avoir à les jeter.

Le nopal possède également des propriétés médicinales importantes. D'abord utilisé pour réguler les problèmes de transit intestinal, il est aujourd'hui reconnu pour faire baisser le taux de glucose dans le sang. Il est donc recommandé aux diabétiques. Il a aussi des propriétés anti-cholestérol et aide à réduire l'accumulation de graisses. Ainsi, il est souvent conseillé dans le cadre de régimes alimentaires.

Il est également utile à l'industrie, car il peut aussi servir à fabriquer shampoings, gels crèmes ou savons.

Le plus gros de la production mexicaine provient de la ville de Mexico, de la délégation Milpa Alta, qui a gardé un caractère rural et organise toutes les années au mois de juin la «feria del nopal», mais également des environs de Teotihuacan, dans l'Etat de Mexico, où est organisée la «feria de la tuna» au mois de juillet.

Cependant, le nopal pourrait se trouver prochainement en danger d'extinction, car il est actuellement menacé par un insecte appelé pyrale du nopal Cactoblastis cactorum, que les autorités mexicaines ont découvert dernièrement sur la petite île d'Isla Mujeres, dans l'Etat de Quintana Roo, et qui a la particularité de pouvoir dévorer un cactus en quelques jours. Cet insecte, originaire d'Argentine, a été utilisé au siècle dernier pour lutter contre la prolifération de certaines espèces de figuiers de Barbarie en Australie, Afrique du Sud et dans les Antilles notamment. Cependant, comme souvent lorsque l'homme veut jouer à l'apprenti sorcier, cet insecte a échappé au contrôle humain et s'est retrouvé sur le continent américain, où il a entraîné la disparition d'une espèce endémique en Floride, l'Opuntia spinossissima, et mis en danger 2 autres espèces. S'il parvenait à se répandre de manière importante au Mexique, cela pourrait avoir de graves conséquences sur les plus de 360.000 ha de nopal cultivés dans le pays, générant une production de plus de 850.000 tonnes de fourrage, fruits et légumes par an, mais également sur les plus de 3.000.000 d'hectares d'espèces sauvages et endémiques. Cette plaie avance au rythme infernal de 120 Km par an, et le nopal fait partie non seulement du patrimoine écologique et culturel du Mexique, mais représente également actuellement une arme efficace pour lutter contre l'érosion des sols et la désertification. S'il venait à disparaître, l'avenir du Mexique serait bien incertain.

 

Et ses cochenilles

La cochenille est l'un des parasites naturels du nopal, qui si elle n'est pas strictement contrôlée, peut à la longue faire mourir certaines espèces de figuiers de Barbarie. Toutefois, les peuples précolombiens ont su tirer parti de ce nuisible et l'élever en contrôlant sa production et son développement pour le convertir en une précieuse teinture.

Aujourd'hui remplacées par des colorants artificiels, les cochenilles ont joué jusqu'à une époque récente, un rôle important pour la teinture des tissus. Elles étaient également utilisées en abondance pour peindre les ustensiles ou les artefacts, mais aussi les différents édifices précolombiens; le rouge, couleur de sang, de vie et symbole du soleil et de la guerre, étant la couleur la plus fréquemment utilisée. Les Espagnols ont ramené la cochenille dactylopius coccus d'Amérique, pour teindre les tissus en rouge avant l'arrivée des colorants artificiels. Actuellement, on peut encore trouver quelques pièces d'artisanat (notamment au FONART) dont la peinture d'un ton rouge profond est toujours réalisée à partir de cochenilles moulues.

 

La salade de nopal

La salade de nopal est un régal pour le palais. On peut la préparer soi-même ou la trouver toute prête en bocaux, en vente au supermarché. Il suffit de faire cuire les nopals coupés en petits rectangles, pendant une vingtaine de minutes, dans de l'eau bouillante, puis d'assaisonner selon ses préférences.

Le nopal cuisiné

Rien de plus simple pour cuisiner le nopal que de le faire revenir, coupé en fines lamelles de 0,5 à 1 cm de large dans un peu d'huile d'olive et le jus d'un citron (un quart à ½ citron par personne en fonction des préférences de chacun et de la taille du citron). En cuisant, il devient légèrement visqueux, mais perd toute viscosité lorsqu'on poursuit légèrement la cuisson. Le nopal ainsi cuisiné accompagne très bien la viande rouge, surtout si elle est grillée.

 

La tuna (nom d'origine taïno signifiant figue de Barbarie)

Appelé nochtli en nahuatl, le fruit du nopal peut être vert, jaune ou rouge. La figue de Barbarie est désaltérante et a un petit goût acidulé. Toutefois, la présence de nombreux pépins d'une taille certaine, peut être un obstacle à sa dégustation. Les plus communes, sont les figues rouges; celles que l'on trouve sur les marchés ou les étals des supermarchés, sont en général vertes, et les meilleures, mais aussi les plus rares, sont jaunes.

Les Mexicains, très friands «d'eaux de fruits» les utilisent également pour fabriquer de l' agua de tuna.

 

Le colonche

Le colonche, que les Aztèques appelaient nochoctli, est une boisson fermentée de couleur rouge vif, préparée depuis plus de 2000 ans à partir de tunas de différentes couleurs, pelées, passées dans une sorte de tamis de paille ou d'ixtle pour éliminer les pépins et donner un jus clair, qui est ensuite mis à fermenter au soleil ou en le chauffant. Pour accélérer la fermentation, on ajoute fréquemment un peu de colonche déjà préparé ou la peau de quelques figues de Barbarie. La conservation du colonche est limitée à 15 jours, raison pour laquelle, comme le pulque, il ne peut être consommé que dans sa région de production. La boisson, douce et sucrée lorsqu'elle vient d'être préparée, devient en effet aigre au fil du temps. La majeure partie de la production est réalisée dans l'Etat de San Luis Potosi, qui est suivi par les Etats de Zacatecas et Aguascalientes.

 

Le xoconostle ou joconostle ou soconostle (Opuntia imbricata tenopalli)

Le xoconostle (du nahuatl xoconochtli signifiant tuna aigre) est une espèce de figuier de barbarie, dont les fruits sont aigres et non sucrés, à l'inverse des tunas classiques. Les fruits et le cactus portent le même nom, bien qu'à l'époque précolombienne, le cactus fût dénommé xoconochnohpalli (nopal de tuna aigre). Traditionnellement, la culture du xoconoxtle (8 variétés connues) est méprisée par rapport au nopal classique, d'une part, à cause de la saveur aigre de son fruit, mais également parce qu'il ne peut être utilisé comme fourrage. On se sert uniquement de ses fruits pour les faire cuire au sirop, les confire, en faire des confitures ou des gelées (natures ou aromatisées), ou encore des sauces pour accompagner certains plats. Certains producteurs font également sécher les écorces au soleil, puis les commercialisent sucrées, salées ou pimentées. On peut aussi trouver de la liqueur de xoconostle, à la chaude couleur ambrée. La dernière invention des producteurs de xoconoxtle est de le recouvrir d'une fine couche de chocolat pour le vendre dans les rayons gourmets des grands magasins et les épiceries fines.

 

 

Le maguey / L'agave

Le maguey (nom d'origine Taïno, metl en nahuatl) n'est pas à proprement parler une espèce de cactus, mais fait partie de la famille des agavacées. Toutes les espèces d'agaves (du grec agauê, féminin d'aguaos, signifiant admirable, magnifique) sont originaires du continent américain, plus spécialement des régions arides et semi-arides du sud de l'Amérique du Nord au nord de l'Amérique du Sud. Elles poussent généralement à moyenne altitude. Sur 273 espèces d'agaves, on en trouve 205 au Mexique, dont 151 sont endémiques. Les Etats les plus riches en espèces d'agaves sont l'Oaxaca, le Chihuahua, le Sonora, le Coahuila, le Durango et le Jalisco.

Les agaves ne fleurissent qu'une seule fois dans leur vie, lorsqu'ils arrivent à maturité, au bout de 8 à 25 ans, voire 100 ans, en fonction des espèces. Une hampe florale, pouvant atteindre jusqu'à 15m de haut, sort alors du centre de la plante qui meurt peu de temps après que les graines se soient développées.

Les recherches archéologiques ont mis en évidence que les tribus nomades utilisaient déjà le maguey pour ses fibres et comme aliment.

Le maguey est une plante complète puisque toutes ses parties peuvent être utilisées. On peut consommer son suc, ses fleurs, son cœur, fabriquer des textiles avec ses feuilles ou s'en servir comme ustensile de cuisson. Chaque espèce possède ses caractéristiques propres.

 

Le pulque (dénommé octli ou neuctli en nahuatl)

Le terme pulque semble être une déformation phonétique espagnole du nahuatl poliuhqui qui signifie perdu, décomposé, condamné, du fait du rapide processus de fermentation et à la courte conservation de la boisson.

Le pulque était la boisson des dieux pour les Aztèques. C'est l'une des rares boissons alcoolisées fabriquées à partir du maguey, qui existaient avant l'arrivée des Espagnols, les Indiens ne connaissant pas le système de distillation.

Il est obtenu uniquement par la fermentation de l'aguamiel (sève du maguey arrivé à maturité) que fabrique la plante pendant les 6 à 9 mois précédant la fin de la vie de la plante. On obtient alors une boisson d'aspect laiteux, à la saveur légèrement piquante comme la «chèvre».

Selon la mythologie méso-américaine, la découverte de l'agave atrovírens Kawr (maguey pulquero ou Agave salmiana) fut de première importance pour les populations de l'époque, car le pulque qu'il fournit est riche en protéines, sucre et vitamines, raison pour laquelle il était considéré comme un complément alimentaire. Il était consommé par la noblesse indienne, les dirigeants, guerriers et prêtres et faisait partie des substances utilisées par les chamans pour avoir des visions. Toutefois, celui qui buvait excessivement du pulque était souvent sanctionné très sévèrement, et s'il récidivait, pouvait même être condamné à mort.

Avec la conquête espagnole, le pulque cessa d'être une boisson réservée aux dignitaires, pour être consommée par tous, y compris par les conquérants.

A l'époque coloniale, durant les périodes de sécheresse, le pulque était utilisé comme boisson de base. On lui attribue de nombreuses vertus. On dit notamment que le pulque donne plus de lait aux femmes et qu'il aide à rendre les enfants plus résistants. Autrefois, on l'utilisait pour lutter contre les malades gastro-intestinales, l'anorexie et les infections rénales.

De nos jours, dans les régions les plus pauvres du pays, il est encore de tradition, faute d'argent pour acheter du lait, de donner du pulque aux bébés et aux enfants, ce qui n'est pas sans poser des problèmes de santé publique car ces enfants sont par conséquent souvent atteints de cirrhose dès leur plus jeune âge.

Dans les années 20, le gouvernement mexicain a cherché à faire disparaître les pulquerías (bars vendant exclusivement du pulque nature ou aromatisé (curados) aux saveurs de fruits ou légumes : fraise, goyave, céleri…), pour des raisons d'hygiène (la péremption de la boisson étant très rapide) en favorisant le développement de la production de bière. A cette époque, il y avait plus de 900 pulquerías officielles à Mexico, et en 1996, il en restait moins de 80. Alors qu'à l'époque préhispanique le pulque était réservé aux membres de la noblesse et aux chamans, il est aujourd'hui considéré comme la boisson du peuple, au sens péjoratif du terme.

Au début des années 60, certains industriels tentèrent de vendre du pulque en cannette, mais le projet échoua, car le pulque étant une boisson fermentée, il changeait de nature trop rapidement. Récemment, une nouvelle tentative a eu lieu, avec succès semble t-il cette fois. Toutefois, les cannettes sont pour l'instant uniquement destinées au marché américain.

 

Le mezcal ou mescal (dérive du nahuatl mexcalli signifiant feuilles d'agave cuites)

Le mezcal est une boisson alcoolisée née après l'arrivée des Espagnols et de la distillation. Il bénéficie d'une appellation d'origine pour les régions correspondant aux Etats de Durango, Zacatecas, San Luis Potosi, Guerrero et bien sûr d'Oaxaca, principal Etat producteur. Il est élaboré à partir d'agaves Potatorum zucc, Amalidaceas (Tobalá) et Angustifolia haw (Espadin). Contrairement à la tequila, on peut trouver un ou plusieurs vers au fond de la bouteille de mezcal, blancs ou rouges en fonction de l'endroit où ils se situent dans la plante.

Le mezcal est encore aujourd'hui fabriqué de manière 100% artisanale et biologique. Les plantes ne reçoivent ni engrais, ni pesticides. Lorsque les agaves arrivent à maturité, on coupe les feuilles de la plante, pour ne garder que le cœur (piña), dont le poids varie entre 15 et plus de 100 kilos. On place les cœurs à cuire dans un four conique en pierre, enterré et recouvert de feuilles de maguey et de terre pendant 3 jours. Puis, on broie les cœurs cuits, à l'aide d'une grosse meule de pierre tirée par des chevaux ou des ânes. Les cœurs broyés sont ensuite placés dans des fûts de chêne ouverts, avec un peu d'eau (5 à 10%), pour permettre leur fermentation, qui intervient au bout de 4 à 30 jours. Puis, le tout subit une double distillation. Le mezcal est ensuite stocké en fûts de chêne avant d'être embouteillé. Il peut vieillir jusqu'à 12 ans en fût.

Un dicton populaire dit : « Para todo mal, mezcal y para todo bien también » (pour tout mal, du mezcal, et pour tout bien également)

Comme pour la tequila, il existe différents types de mezcal.

•  Le joven, blanc, car mis en bouteille immédiatement après la distillation.

•  Le reposado, jaune clair, qui bénéficie d'un vieillissement en fût de chêne de 2 mois à un an.

•  L' añejo, doré, qui a subit un vieillissement en fût de chêne de un à 12 ans.

On trouve également des liqueurs de mezcal, plus douces, aromatisées aux amandes, au café, au chocolat, à l'orange, à la pistache…

Et ses gusanos (vers)

On leur prête de nombreuses vertus dont celles d'être aphrodisiaques et de constituer une source de protéines. Leur couleur varie en fonction de l'endroit où ils se situent dans le maguey : rouges dans les racines et blancs dans les feuilles. Ils sont séchés et frits, puis mis en bouteille avec le mezcal ou réduits en poudre et mélangés à du sel et du piment (chile), pour accompagner une gorgée de Mezcal.

Dans certains cas, les gusanitos sont aussi cuisinés, pour les consommer en tacos. C'est à vous de goûter, si vous aimez les expériences nouvelles et les saveurs venues d'ailleurs.

On récolte normalement les vers d'avril à mai. Comme il est nécessaire de couper la plante pour pouvoir extraire les vers coincés entre les feuilles, on ne sacrifie bien souvent que les magueys arrivés à maturité.

 

La tequila

A l'arrivée des Espagnols, les peuples de Méso-Amérique ignoraient le principe de la distillation et buvaient principalement du pulque et quelques autres boissons fermentées. Comme son nom l'indique, la tequila est produite dans la région de Tequila, petite ville de l'Etat de Jalisco. Techniquement parlant, la tequila est un genre de mezcal. Née à la fin du 19 e siècle, elle est élaborée à partir de l'Agave Tequilana Weber bleu.

Il existe 3 types de tequila :

•  La blanche, la plus jeune, servant principalement à l'élaboration des cocktails, comme la margarita.

•  La reposado, qui a vieilli en fût,

•  L'añejo, qui bénéficie d'un vieillissement plus long,

Lorsque le maguey arrive à maturité, vers l'âge de 8-10 ans, on coupe le quiote (du nahuatl quiotl, signifiant tige ou pousse), qui peut atteindre une dizaine de mètres de hauteur si on le laisse croître, pour permettre au cœur de la plante de se développer correctement. Si on laissait pousser la tige, celle-ci consommerait la plupart des sucs de la plante nécessaires à la fabrication de la tequila. Ensuite, au cours d'un processus appelé Jima, effectué par le Jimador, on coupe les feuilles pour ne garder que le cœur (piña) de la plante, qui peut à lui seul facilement atteindre les 100 kilos. Les cœurs sont ensuite coupés en 2 ou 4, en fonction de leur taille initiale, puis transportés dans un four, pour y être cuits pendant 48 heures environ, en leur injectant régulièrement de la vapeur d'eau, dans le but de faire sortir les sucres de la plante et les rendre solubles lors du processus de distillation.

Les cœurs cuits, sont ensuite partiellement broyés, puis pressés pour en extraire le jus. A ce stade, on ajoute de l'eau aux cœurs ainsi broyés, afin de permettre d'extraire le maximum de jus et de sucre. On obtient ainsi un jus d'agave, comprenant 12% de sucre.

Puis, cette préparation est mise à fermenter dans une cuve en acier inoxydable (techniques modernes obligent) et maintenue à température, entre 30 et 42ºC, afin que le degré d'alcool s'élève. Ce processus dure de 12 à 72 heures.

Vient ensuite la distillation. L'alcool est distillé 2 fois, pour atteindre 55º. Puis, on le dilue pour faire baisser le taux d'alcool entre 38 et 43º. Le «produit final» ainsi obtenu est transvasé dans des fûts de chêne, qui lui donneront une saveur et couleur particulières en fonction du degré de vieillissement recherché.

Avant d'être embouteillé et de donner la tequila que vous dégusterez, l'alcool est filtré, pour être débarrassé de toutes ses impuretés.

 

Le mixiote

Le mixiote (du nahuatl mexiotl signifiant pellicule de feuille de maguey) fait partie des plats typiques du centre du Mexique. Sa principale caractéristique est que la préparation (à base de viande ou poisson coupé en petits morceaux et revenus avec des légumes, des épices, une légère touche de piment et de l'épazote) est cuite à l'étouffée dans une jeune feuille d'agave. Il existe des mixiotes d'agneau, de lapin, de poulet, de truite, de crevettes… Goûtez, vous ne serez pas déçus !

 

L'ayate / l'ixtle

L'ayate (du nahuatl ayatl) est une pièce de tissu faite à partir de la fibre de maguey : l'ixtle (du nahuatl ichtli signifiant fibre de maguey). On peut également en faire des sacs ou des petites bourses. L'ayate le plus connu est la tilma (du nahuatl tilmahtli, signifiant cape) de l'Indien Juan Diego sur lequel s'est imprimé l'image de la Vierge de la Guadalupe. Pour obtenir de la fibre d'ixtle, il faut en moyenne 15 jours. Le principal lieu de production d'ayate est l'Etat d'Hidalgo, plus précisément la vallée du Mezquital, où les Indiennes hñahñus (otomies) ont acquis depuis les temps anciens l'expertise de l'extraction et du tissage de la fibre du maguey ixtli (Agave angustifolia), selon les mêmes techniques qu'utilisaient leurs ancêtres. Du temps des Aztèques, l'ayate était réservé à la confection des sacs ou à la confection des vêtements pour les classes sociales les plus basses, les nobles se vêtant exclusivement de coton fin.

L'ixtle sert également à la fabrication de balais, de brossettes et d'une sorte de «crin» servant à brosser les chevaux, mais toute cette partie de l'activité économique a fortement décliné depuis l'apparition des fibres synthétiques.

 

Le sisal / le henequen

La fibre tirée des feuilles de l'agave (Agave sisalana), ressemble au chanvre et sert à fabriquer des cordes, bien qu'avec l'apparition des fibres synthétiques, cette production soit aujourd'hui devenue presque confidentielle. Durant l'époque coloniale, la plus grande zone de production de sisal était la presqu'île du Yucatan : Les cheminées en ruines des anciennes haciendas qui jonchent la péninsule sont devenues le témoin silencieux de ce glorieux passé. Le sisal doit d'ailleurs son nom au port yucatèque de Sisal, aujourd'hui plus connu pour ses plages et sa faune d'oiseaux migrateurs.

Le sisal fait partie des fibres naturelles supportant le mieux la teinture. Aujourd'hui, il est surtout utilisé pour produire des pièces d'artisanat : tapis, sacs fantaisie, hamacs, chapeaux (dont le célébrissime panama)

Dans la région du Yucatan, il existe une autre fibre d'agave, semblable au sisal et ayant le même usage, le henequen, tiré de l'agave du même nom.

 

En plus des usages susmentionnés,

  • les pointes (épines) de l'agave ont aussi été utilisées comme clous, aiguilles, instruments de sacrifice,
  • les tiges comme poutres et piquets,
  • les feuilles comme tuiles pour les toitures,
  • les racines pour fabriquer des brosses, des balais et des paniers,
  • la sève pour fabriquer du vinaigre, une sorte de miel, du sucre,
  • mais également à des fins médicales.

 

Le Peyote ou peyotl
(Lophophora Williamsii ou Echinocactus williamsii)


Mise en garde : La consommation de stupéfiants est un délit puni de plusieurs années d'emprisonnement, comporte de gros risques pour la santé et peut provoquer des comportements dangereux, comme la mise en danger de la vie d'autrui. Cet article a un caractère purement informatif, à titre botanique et culturel. La responsabilité de l'auteur ne saurait en aucun cas être engagée, quant au comportement de lecteurs potentiels.

Le mot peyote dérive du nahuatl peyotl signifiant enveloppe/cocon. Les Aztèques utilisaient en réalité le terme peyotl pour désigner un grand nombre de plantes curatives, raison pour laquelle, certains suggèrent que le peyote devrait être dénommé uniquement par son nom huichol : Hikuli

Le peyote un cactus très particulier : de petite taille, rond, et ne possédant pas d'épines, formé de petits cônes dont le nombre augmente en fonction de l'âge de la plante, il a également la particularité de repousser en quelques années, si on le coupe à ras la racine, sans l'arracher. Ce petit cactus est endémique des déserts et des zones arides du nord du Mexique et du sud des Etats-Unis, mais il est menacé d'extinction face à la prolifération du trafic illégal, né à la fin des années 60. Les trafiquants arrachent en effet la plante avec sa racine, au lieu de la couper respectueusement, comme le font rituellement les Indiens, pour permettre à la plante de repousser.

Le bouton du peyote est un concentré de puissants alcaloïdes, tous identifiés au début du 20e s. Le plus connu et le plus actif d'entre eux est la mescaline, dont le très fort effet hallucinogène et psychodysleptique, donne des visions kaléidoscopiques et modifie très violemment l'ensemble des sens. Ce cactus étant très amer, il provoque régulièrement nausées et vomissements, raison pour laquelle, il est souvent moulu pour être mélangé avec de l'eau et ainsi ingéré plus facilement. Certains, pour éviter tout risque de rejet inopiné, se l'injectent même par voie anale…

L'usage rituel du peyotl par les Indiens remonte à plus de 3000 ans, comme en témoignent des graines trouvées dans des grottes au Texas. Lors de la conquête espagnole, les chamans des tribus indiennes du nord de l'actuel Mexique consommaient régulièrement le peyotl pour les aider dans leurs visions et leurs guérisons. Les Espagnols, jugeaient cette coutume païenne contraire à la morale chrétienne, considérant le peyote comme une racine diabolique, et l'interdirent. Toutefois, cet usage a continué clandestinement au sein des tribus indiennes, jusqu'à nos jours.

Dans les années 60, avec la vague psychédélique, et plus tard dans les années 70 avec le mouvement hippy, l'usage du peyote est passé de rituel à récréatif, comme l'usage de nombreux autres stupéfiants. Au 20e s, certains auteurs ont contribué à la popularisation du Peyote et de la mescaline. Parmi les Français, on peut citer Antonin Artaud dans les années 40 et Henri Michaux dans les années 50; parmi les Mexicains, Fernando Benitez et Carlos Castaneda; sans oublier un britannique très célèbre, Aldous Huxley, dont l'essai Les portes de la perception  (1954), inspira Jim Morrison dans le choix du nom de son groupe : « The Doors ».

Aujourd'hui, le peyote est considéré comme un narcotique, dont l'usage est pénalement répréhensible, y compris au Mexique, où sa consommation peut être punie de 25 ans de prison. Son usage rituel est toutefois toléré, dans le cadre des tribus Tarahumaras et Huicholes au Mexique, ou de L'Eglise des Natifs Américains (Native American Church) aux Etats-Unis.

Actuellement, les Tarahumaras (Raramuri) et les Huichols (Wixaritari) continuent de partir annuellement à la « chasse au peyotl », durant la saison sèche, dans le désert de Wirikuta (lieu des origines) dans les environs de Real de Catorze. Le peyote est au centre de la culture huichole. Il est lié au cerf sacré (Tamatsi Kauyumari), animal considéré comme fondateur de la civilisation huichole, Durant leur pèlerinage annuel, les Huichols commencent leur « chasse » en tirant des flèches au centre du peyote, comme s'ils chassaient un cerf, puis récoltent les boutons, en consomment quelques-uns sur place, pour les aider à supporter la faim et la fatigue de leur long pèlerinage (plus de 900 Km AR) et mettent à sécher les autres, pour pouvoir les consommer, de retour dans leur village, pendant le reste de l'année.

Le peyote est constamment présent dans l'art et l'artisanat huichol et sert aux chamans à entrer en contact avec les esprits de leurs ancêtres, mais également à avoir des visions qui pourront les aider à guérir ceux qui le nécessitent. Le peyote est aussi très efficace pour lutter contre la fatigue et la faim. Bernadino de Sahagun disait d'ailleurs de l'usage du peyote qu'en faisaient les Chichimèques, à l'époque de la conquête : « Cela leur donne des forces, les excite au combat, leur enlève la peur, les empêche de ressentir les effets de la faim et de la soif ». Il est également utilisé par les chamans en cataplasme pour soulager les fractures ou les morsures de serpent.

NB : L'usage de drogues peut avoir de graves conséquences sur la santé et provoquer des comportements dangereux, comme la mise en danger de la vie d'autrui. Il est puni de plusieurs années d'emprisonnement.


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